Le Club de la presse de Picardie avait donné rendez-vous au nouveau président du conseil général de la Somme, Christian Manable, au café contemporain « Petits délices entre amis ». Et le premier sur place n'était autre que l'invité lui même, arrivé en avance. Le temps de découvrir ce nouveau lieu et de lire une petite feuille insolite accrochée sur le panneau des petites annonces : « Président du conseil général de la Somme cherche chef de cabinet. Homme ou femme de droite s'abstenir. » Christian Manable n'en ait pas l'auteur, il s’agirait plutôt du chef de cabinet de son prédécesseur.
Quand au cabinet du nouveau président, il est en partie constitué.
« Quand je suis arrivé dans mon bureau, le jour même de mon élection, il n'y avait rien, personne, plus de dossier. Le jour même du basculement, les membres du cabinet s'en vont. On a
reconstitué un cabinet. Actuellement, nous sommes cinq et il reste deux personnes à recruter ».
La seconde cession du conseil général et premier clash avec l'opposition.
« Il s'agissait de mettre en place les sept commissions et les représentants du conseil général dans des organismes. Nous avons décidé de réserver sept organismes, sur 200, pour une
représentation totale de la majorité et non à la proportionnelle. Nous voulons prendre la main dans ces organismes stratégiques comme le SMACOPI, Susi ou l'Opsom, le bras séculaire du conseil
général pour le logement social. »
Le Smacopi
« Nous avons un empilement de structure dans cette côte picarde où personne ne comprend plus rien. Ce qui a été bien fait, c'est le mise en place et la gestion de certains équipements
touristiques. Ce qui est moins bien, c'est au niveau de la défense du trait de côte. Ça fait deux siècles que l'on dépense de l'argent pour la défense du trait de côte, est-ce bien
nécessaire. ».
Les finances
« 95 % de nos finances sont imposés de l'extérieur avec l'acte II de la décentralisation. Nous avons une marge de manœuvre restreinte. J'ai dis à tous mes vice-présidents d'être
imaginatif, de trouver des politiques nouvelles, mais pas dispendieuses. »
Les impôts
« Aujourd'hui, augmenter les impôts locaux, je ne dis pas que je ne le ferai pas. J'attends le résultat des audits financiers. Nous sommes dans un département pauvre et augmenter
indéfiniment les impôts, ça me paraît difficile. »
Les intercommunalités
« Depuis dix ans, je dis que les délégués des communautés de communes doivent être élus au suffrage universel. Ça permettrait aux électeurs d'exercer un contrôle sur ces com de
com. Il y a un déficit démocratique. »
La commission développement durable
« Ceux qui sont contre, ils tirent une balle dans le pied de leurs enfants ou petits-enfants. C'est un thème transversal, qui concerne l'économie, le social et l'environnement. C'est par
exemple un maillage intelligent des zones d'activités. Il faut faire en sorte d'approcher de plus en plus les trajets travail-domicile. »
La culture
« Les axes actuels sont plutôt bon, comme les petites scènes de la Somme, par exemple. Le plan départemantal culturel dans les collèges, les autres départements s'en inspirent. La
difficulté, c'est que tous les collèges n'y participent pas, soit parce qu'il n'y a pas de volonté locale, soit parce qu'il y a des difficultés pour trouver des intervenants.
Le festival de Saint-Riquier, plus j'y vais, plus j'aime la musique classique. Notre volonté, c'est de l'ouvrir à un autre public. »
La nuit des talents.
« Ça permet de mettre en avant les gens d'ici qui ont des talents. C'est le coté un peu paillettes. Quand nous étions dans l'opposition, nous n'avions pas d'informations sur les coûts.
Compte tenu de la situation financière, pour tout ce qui sera réception, j'ai donné des consignes pour davantage de simplicité. »
Fierté
« Ma fierté n'est pas personnelle, elle est collective. C'est d'avoir fait basculer le département à gauche. »


